Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 09:16
L'enfant au bord du fleuve

Juin 1948. Les berges du fleuve étaient recouvertes de sable. De minuscules coquillages, des coquilles vides y étaient mêlés. Mat en remplissait ses mains et, laissant filtrer le sable entre ses doigts, recueillait les coquilles dont il faisait un tas sur la plage.

Sa tante Suzette et sa maman s'étaient installées à une dizaine de mètres du bord l’eau, là où l’herbe naissante offrait un peu de confort. Elles avaient étendu une couver ture, posé quelques magasines, un tricot et se tenaient assises les jambes allongées vers la pente. Diselle, la soeur de Mat était encore un bébé. Elle dormait paisiblement dans son landau. Sa mère en avait relevé la toile et l'avait recouvert d'un voile pour protéger l'enfant du vol des insectes.

Mat avait 9 ans. Il entra dans la rivière.

L’eau était claire et l'on en apercevait le fond sableux sur lequel de minuscules poissons frétillaient en tous sens. Le garçon s'avança, s'enfonça lentement dans l’eau du fleuve. Elle était peu profonde à cet endroit. Une barrière de joncs, foisonnait devant lui jusqu'aux limites du chenal. Les pêcheurs en avait coupé une partie pour dégager la plage. Dans la trouée, Mat apercevait l'autre rive. A quelques dizaines de mètres de la berge, une barque était ancrée. Mat y distinguait plus qu'il ne voyait car la distance atteignait bien 250 mètres, un pêcheur assis à son bord.

C'était son père.

« Arrête-toi, ne va pas plus loin » lui rappela sa mère.

« Oui… M’man ».

« Qu’est-ce qu’elle croit » pensait Mat. « J’suis pas comme elle, j’sais nager, moi ».

Il avait appris en effet. Son père, excellent nageur, lui avait enseigné quelques rudiments mais il était alors trop jeune pour en faire son profit. Son expérience, il l’avait faite avec des gamins de son âge lorsque, petits bergers, ils gardaient ensemble les troupeaux pendant les vacances d’été. C’était près de la ferme de son grand-père. Une rivière, bien moins large que ce fleuve, irriguait les prairies. Ses bords étaient abrupts. Les enfants y plongeaient, insouciants. Imitant les petits chiens, ils pédalaient des bras et des jambes pour revenir sur la berge. Mat, qui pratiquait aussi la gymnastique, s’appliquait pour sa part à nager correctement. Les conseils de son père lui revenaient en mémoire. Bien qu’étant le plus petit, il était rapidement devenu le plus habile...

Rejoindre son père sur l’autre rive… L’idée était tentante…

Mat devinait que la traversée du fleuve relevait d’un tout autre défi que de nager d’un bord à l’autre de la rivière des prairies. Du haut de sa petite taille il en mesurait l’immensité. Tiendrait-t-il jusqu’au bout ? Il décida, pour préserver ses forces, de fabriquer une bouée de joncs. La chose était connue de tous les gamins des prairies. Il entreprit d’en assembler quelques brassées. Sa mère, habituée aux frasques de son fils l’interpella aussitôt « Qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu restes ici, près de nous ! »

« Mais oui, m’man ».

Ne pas éveiller ses soupçons !

Il n’assembla que quelques joncs pour jouer sur le bord. L’occasion lui fut donnée lorsque les deux femmes, penchées sur le berceau de sa sœur, enfin réveillée, l’oublièrent un instant.

Mat glissa dans le cours du fleu ve. Veillant à ce que la barrière de joncs le masque à leur vue, il mit le cap vers l’autre rive.

Son fagot de joncs était bien trop petit. Il le portait à peine et il lui fallait faire davantage d’efforts pour avancer. Il regretta de ne pas l’avoir renforcé avant de partir. Mais il devait faire vite, alors…


« La péniche ! »


Mat avait complètement oublié cela.

Ces longues péniches qui descendent et remontent le fleuve, créant des tourbillons et soulevant d’énormes vagues. Il était trop loin du bord pour renoncer. Il eut un instant de panique. Qu’était-il venu faire là ? Un coup de sirène salua l’énormité de son défi. Les yeux à fleur de l’eau il vit passer le navire, très haut devant lui. Les premières vagues le submergèrent et dispersèrent ses derniers joncs. Il s’était accroché à ce frêle esquif qui, depuis longtemps, ne le portait plus. Mais il voyait en lui son dernier lien avec la terre ferme.

Le coup de sirène avait alerté les femmes qui, comprenant soudain, appelèrent à l’aide…

Mais Mat était loin, bien trop loin. Au milieu du chenal.
Il entendait les cris de sa mère et de sa tante courant sur l’eau, jusqu’à lui. L’enfant s’efforça de ne pas se laisser gagner par la peur, de nager calmement, d’économiser ses forces…Il n’avait pas de grandes notions de natation. Qui en avait dans ces campagnes ? Mais il avait compris l’importance de son horizontalité. De pousser sans précipitation avec ses jambes, pour pouvoir s’allonger en expirant et aller chercher, le plus loin possible devant lui, la masse d’eau qui, résistant à son ramener de bras, les mains ouvertes vers l’arrière, le ferait avancer davantage… Il avait vu son père faire cela. C’était soudain devenu une évidence…

Il avait franchi le chenal lorsque survint la deuxième péniche.

Mat se retourna pour la regarder et affronter les vagues. Presque immobile, les poumons remplis d’air, expirant juste assez pour les remplir à nouveau, il flottait sans nager. Il n’avait plus peur. Mais le courant, encore fort au début de l’été, l’avait entrainé bien plus bas que son point de départ. La barque de son père, qu’il avait espéré rejoindre était à près de cent mètres en amont.

Les cris des deux femmes avaient fini par alerter quelques pêcheurs, dont son père qui, levant l’ancre fonça vers lui à toutes rames. Mat était tout près de la berge lorsqu’il le repêcha.

L’enfant s’attendait à être tancé d’importance. Il avait gardé le souvenir cuisant de quelques fessées reçues de ces mains énormes, façonnées par des années de travail manuel. Mais son père, d’ordinaire si sévère, le regardait comme amusé par le culot de son rejeton.

« Alors tu sais nager maintenant ? »

« Heu… oui »

« Et bien, plonge ! »

Mat hésita. Saisissant le regard de son père, il comprit l’invitation. L’enfant se dressa sur le bord de la barque et piqua, le nez vers l’eau...

Il y eut soudain un grand flop, un énorme bouillon d’écumes à ses côtés.

Son père l’avait rejoint...

Extrait "Mémoire de moi"
Edition Alged. Dépôt légal

Par Actu.Saint-Bénigne - Publié dans : Nouvelle - Communauté : Vivre dans nos communes
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FIL ROUGE

Loto des chasseurs

Le 26 février 2012, à partir de 14 heures, dans la salle polyvalente de Saint-Bénigne. 1 semaine à Port Leucate au choix de juin à septembre pour 6 personnes, TV, lecteur DVD portable, appareil à boisson pétillante, robot et divers articles ménager, jambon, rosette, pâté croûte et surtout de nombreux repas et bons d’achat à gagner. Des séries au carton plein. 10 € le carton. 15 € les 2. 20 € les 3. 30 € les 6. Buffet, buvette.

Vente de cassoulet
La cantine scolaire propose une vente de cassoulet à emporter, le samedi 3 mars à partir de 10 heures dans la salle polyvalente. 6 euros la portion. Réservation avant le 28 février aux numéros suivants : Julien Carruge : 03.85.30.92.87 - Jimmy Fèvre : 03.85.30.64.98 - Cathy Bellicot : 03.85.30.96.10 - Nathalie Chatelet : 03.85.30.66.43.

Permanence O.P.A.H

Une opération, organisée par la Communauté de Communes, apportera des conseils et des aides financières pour la réalisation de travaux d’amélioration des logements. Le P.A.C.T de l’Ain se tiendra à la disposition des propriétaires intéressés, le Vendredi 17 février, de 15 à 17 h, en mairie de Saint-Bénigne.

Vente de plats à emporter
Organisé par le RCHB le samedi 18 février? de 9 à 17 heures, au stade du Champ route de Saint-Trivier à St-Bénigne. Rognons au madère, coeurs sauce au vin, tripes. 6 euros la part.

CANTINE SCOLAIRE

Lundi 30 janvier
Salade mélangées, steak, jardinière de légumes, fromage blanc.
Mardi 31 janvier
Salade de pomme de terre, rôti de porc, haricots beurre, compote.
Jeudi 2 février
Choucroute garnie,poire.
Vendredi 3 février
Carottes râpées, omelette aux macaronis, yaourt nature sucré.

Les menus sont susceptibles d’être modifiés en fonction du stock, des livraisons ou de causes diverses.

Avis de recherche des Arts pontévallois
L’été prochain, les Arts pontévallois proposeront, à l’occasion du 50ème salon artistique à Pont-de-Vaux, un hommage aux fondateurs ayant participé aux expositions des années 1962 à 1970. Les organisateurs sont donc à la recherche d’œuvres (peintures et sculptures) d’artistes ayant exposé à cette époque à Pont-de-Vaux ? Ils sont également intéressés par des documents (photos, coupures de presse, témoignages...) relatifs aux salons de cette période. Si vous disposez de tels documents ou œuvres, et acceptez de les confier pour cet anniversaire, merci de contacter le président des Arts pontévallois : Gérald Svoboda au 03 85 36 49 98 ou par courriel : geaude@free.fr.

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