Le blog de Carolus800
C'était en 2009. Roger Coignée qui, depuis sa retraite, s'était retiré
à Saint-Bénigne pour consacrer son énergie à sa famille, à ses petits-enfants s'est trouvé du temps libre lorsque ceux-ci, devenus grands, ont eu moins besoin d'aide.
Ce temps libre retrouvé, Roger, un sportif accompli qui exerça le métier de pompier au sein de grandes entreprises comme le CEA, le CERN en tant que spécialiste des feux difficiles
mais aussi du secours aux blessés, eut rapidement l'envie de bouger. Le destin l'avait marqué.

Dans sa maison du village, à Saint-Bénigne.
Un accident, une jambe condamnée au handicap. Il avait, à force de volonté, retrouvé l'usage de celle-ci. Un étonnement pour son entourage que cette victoire sur un corps meurtri. Homme
de défi il s'est alors promis d'en relever un autre, c'est-à-dire parcourir à pieds les 1800 km d'Arles à la basilique Saint-Jacques de Compostelle. Une façon de mettre à l'épreuve cette
jambe, mais surtout de remercier la vie, la providence qui lui en a rendu l'usage.
Il est parti un matin d'avril. Par le chemin d'Arles dans l'espoir d'y trouver du beau temps.

Surprise à son arrivée à Santiago, son épouse pour l'accueillir.
"Le temps s'est dégradé après le 18 mai J'ai eu la pluie, la boue, la neige, le brouillard. Des itinéraires rendus dangereux ont été interdits par les autorités locales. Il a fallu
trouver des chemins de remplacement" raconte Roger. Mais il n'a pas dérogé à son plan de marche, 25 km au minimum chaque jour. Partir tôt le matin pour avoir le temps, à l'étape
suivante,

Le lourd baton de pèlerin dont la pointe lui a permis de tenir les chiens à distance.

Au bout du monde, au kilomètre zéro.
Roger qui avait perdu 8 kg
a récupéré de ses fatigues
Il est aujourd'hui prêt à repartir pour un nouveau périple :
"En 2011, je partirai de Saint-Bénigne et ferai la route du Puy. Puis je passerai sur la côte Atlantique pour suivre la "Camino del norte".
de soigner ses petits bobos, de noter quotidiennement sur son blog, ses observations, ses rencontres, ses découvertes et d'enregistrer ses photographies.
D'analyser les étapes à venir. "J'avais toujours une petite inquiétude en partant. On referme la porte en sachant que l'on ne reviendra pas sur ses pas. Que l'on ira au bout de l'étape qui commence. Quel temps allais-je trouver ? Quelles rencontres allais-je faire ?"

Avec ses amis italiens.
Roger passera les Pyrénées les pieds dans l'eau et dans la neige. "Le chemin qui montait au Somport n'était plus que ruisseau. Avant le sommet (1600 m) j'ai trouvé la neige. Averti par un paysan du danger qu'il y avait à suivre le chemin normal, j'ai dû dévier mon itinéraire. J'ai traversé des hameaux déserts. Je n'avais alors pas d'aide à attendre. A chaque nouvelle étape je voyais des pèlerins renoncer".
Pas Roger Coignée qui ira jusqu'au bout de son défi. Sa jambe ? Elle ne l'a jamais inquiété. Ses souvenirs ? Des rencontres extraordinaires. Sur ces chemins les gens offrent ce qu'il y a de meilleur en eux. Comme ce couple d'italiens rencontré sur un soir d'étape. Une sympathie spontanée. Puis des retrouvailles à Santiago. "On ne s'était pas revus depuis. Nous nous somme congratulés comme frères et sœurs".
Il a aussi connu la peur avec un brouillard tombé quelque part en France "Un brouillard épais. Je ne voyais rien, je n'avais plus aucun repère. J'ai eu réellement peur de m'être perdu".
Et puis les chiens ! L’absence de balise lui avait fait prendre un mauvais sentier, sur un domaine privé non fermé. Il s'est trouvé face à des molosses. "J'ai dû faire le chemin en sens inverse. A reculons, en tenant les chiens en respect avec la pointe de mon bâton. Il n'y avait personne pour me secourir. Je n'en menais vraiment pas large. Il m'ont lâché dès que j'ai franchi les limites de leur territoire".
Par charles Mathey
Roger Coignée raconte son voyage sur :
http://lebressan01190.skyrock.com/